LE MODÈLE DE L’APPLICATION, EXPLIQUÉ

Dans la tête de Rityvo

Chaque pourcentage que Rityvo affiche vient de quelques formules. Découvre le modèle documenté de Rityvo : chaque étape est expliquée en mathématiques, puis en mots simples. Les simulateurs de cette page illustrent ces formules.

01

Ce que l'app retient

Trois valeurs au cœur du calcul de maîtrise.

En maths

Un concept, c'est une notion de ton cours, avec la définition que tu as écrite toi-même. Pour chacun, le calcul de maîtrise utilise trois valeurs principales :

A
L'ancre : ton niveau juste après ton dernier rappel, entre 0 et 1.
t₀
La date de ce dernier rappel.
H
La demi-vie : le nombre de jours au bout duquel la moitié de ce niveau s'est effacée. Sa valeur de départ est de 3 jours, avant la mise à jour du premier rappel.

Ces valeurs servent à recalculer la maîtrise. Le statut, la priorité et le planning utilisent aussi l’historique, les échéances et les paramètres décrits plus bas. Aucune tâche ne tourne en arrière-plan.

En mots simples

Pour chaque chose que tu apprends, Rityvo note trois choses dans un petit carnet :

  • jusqu'où ton seau était rempli la dernière fois que tu t'en es souvenu ;
  • quel jour c'était ;
  • la taille du trou au fond du seau.

Avec ces trois informations, il peut deviner à tout moment combien d'eau il reste.

02

L'oubli

La maîtrise estimée baisse avec le temps, de moitié à chaque demi-vie.

En maths

M(t) = A × 2−Δ/H

Δ est le nombre de jours depuis le dernier rappel. Tous les H jours, la maîtrise estimée est divisée par deux.

Exemple. Avec A = 85 % et H = 20 jours, elle vaut environ 79,3 % deux jours plus tard, et 42,5 % vingt jours plus tard.

C'est une adaptation de la Half-Life Regression (Settles et Meeder, 2016). L'ancre garde le niveau réellement atteint, au lieu de supposer qu'on remonte à 100 % à chaque révision. Et H n'a rien d'universel : chaque concept, chez chaque élève, a la sienne.

En mots simples

Ta mémoire, c'est un seau avec un petit trou au fond.

Le niveau d’eau représente la maîtrise estimée. L’eau qui s’échappe représente l’oubli calculé par le modèle.

La demi-vie, c'est le temps qu'il faut pour que la moitié de l'eau parte. Une demi-vie de 3 jours divise l’estimation par deux en 3 jours. C’est un paramètre de départ du modèle, pas une loi universelle de la mémoire.

03

Le rappel

Tu réponds de mémoire, puis tu compares à ta définition. Ta note change deux nombres.

En maths

Tu notes toi-même ta réponse : Pas su · P = 0 En partie · P = 0,5 Su · P = 1

Le poids du rappel E détermine son influence dans le modèle. Il vaut 1 pour le tout premier, puis dépend du temps écoulé depuis le précédent (Δ en jours) :

E = min(1 ; 0,25 + 0,75 · Δ)

Dans ce calcul, un rappel très proche reçoit un poids proche d’un quart. Après 24 heures écoulées, son poids atteint 1. Ce choix de paramétrage donne plus de poids aux rappels espacés.

La nouvelle ancre est une moyenne où l'ancien niveau pèse 1,6 et la nouvelle réponse pèse E :

A′ = 1,6 · A + E · P1,6 + E

Une seule bonne séance ne fait donc pas passer un concept de 20 % à 95 %. Depuis zéro, cinq « Su » espacés d’au moins 24 heures donnent 38, 62, 77, 86 puis 91 %. Les mêmes cinq « Su » le même soir s'arrêtent à 66 %.

La nouvelle demi-vie grandit si tu réussis, d'autant plus que tu avais attendu :

H′ = H × 20,45 · (2P − 1) · z · E

z = min(1 + Δ/H ; 3) après une réussite. Après un échec, z = 1 : rater au bout de trois semaines n'est pas plus grave que rater tout de suite. E modère le tout : un rappel qui prouve peu ne déplace guère la demi-vie. H reste entre 1 et 365 jours.

Par combien la demi-vie est multipliée
RéponseAussitôtAprès 1 demi-vieAprès 2 ou plus
Su× 1,08× 1,87× 2,55
En partie× 1× 1× 1
Pas su× 0,93× 0,73× 0,73

« Aussitôt » : le rappel précédent date de quelques minutes, donc E = 0,25. Les deux colonnes de droite supposent au moins une journée écoulée, donc E = 1.

L'espacement agit donc deux fois : un rappel refait trop tôt compte moins, et une réussite après un vrai délai fait grandir la demi-vie plus vite.

En mots simples

Chaque fois que tu te souviens tout seul, sans regarder ton cours, il se passe deux choses.

  • On rajoute de l'eau, mais pas d'un coup. C'est comme une moyenne de notes où l'ancienne compte plus que la nouvelle. Il faut plusieurs réussites pour remplir le seau.
  • On bouche un peu le trou. Encore plus si tu avais attendu quelques jours : te souvenir après une pause, c'est la preuve que c'est solide.

Mais te souvenir cinq minutes après avoir révisé, c'est facile : c'est encore tout frais. Alors ça compte un peu, pas beaucoup. Après 24 heures écoulées, son poids atteint 1 dans le calcul.

Si tu te trompes, le trou s'agrandit un peu. Ce n'est pas une punition : ça veut juste dire qu'il faudra revenir plus tôt.

38 % 77 % 91 % 80 % 1er rappel 3e rappel 5e rappel
Le même concept après le 1er, le 3e et le 5e « Su ». L'eau, c'est l'ancre ; la taille du trou, c'est la vitesse d'oubli (la demi-vie passe de 4 à 14 puis à 50 jours). La ligne orange marque le seuil de 80 %.
Ancre après 5 rappels91 %
Demi-vie finale49,9 j
Reste au-dessus de 80 %9 j
Maîtrise estiméeRappelSeuil « maîtrisé »
80 % · maîtrisé
Cinq rappels d'un même concept, calculés avec les formules de l'app. Par défaut, on attend une demi-vie entre deux rappels : jours 0, 4, 12, 26 et 53. Le calcul suppose la même note à chaque fois ; dans la réalité, la réussite peut varier d’un rappel à l’autre.
04

Statut et confiance

Ce que dit le chiffre, et combien on peut le croire.

En maths

Statut d'un concept

  • Pas commencé : jamais testé.
  • Maîtrisé : M ≥ 80 %.
  • À revoir : l'ancre a déjà atteint 80 %, mais M est retombée en dessous.
  • En apprentissage : tous les autres cas.

Confiance d'un concept : faible si tous les rappels ont eu lieu le même jour ; élevée à partir de 4 jours différents dont un rappel fait après au moins un jour d'attente ; moyenne entre les deux.

Confiance d'un chapitre ou d'une matière :

⌊ niveau moyen × part testée ⌋

Faible = 1, moyenne = 2, élevée = 3, jamais moins que « faible ». Un chapitre à 90 % dont un seul concept sur quatre a été testé reste en confiance faible.

En mots simples

La ligne orange à 80 %, c'est la ligne « je sais ». Au-dessus, c'est maîtrisé. Si ça redescend en dessous, c'est à revoir.

La confiance, c'est combien de fois on a vraiment regardé dans le seau.

Si on n'a regardé qu'une fois, ou toujours le même jour, on ne peut pas être très sûr de ce qu'il y a dedans. Si on a regardé plusieurs jours différents, là, on peut y croire.

05

Du concept à la matière

Une matière vaut 100 points. On sait exactement où sont ceux qui manquent.

En maths

Maîtrise d'un chapitre : la moyenne de ses concepts. Maîtrise d'une matière : la moyenne de ses chapitres, pondérée par leur poids d'examen w (de 1 à 5).

Mmatière = Σ w · MΣ w

Un chapitre découpé en 20 concepts ne pèse pas plus lourd qu'un chapitre en 4 : c'est son poids d'examen qui décide.

Points manquants d'un chapitre :

Manque = 100 × wΣ w × (1 − M)

La maîtrise de la matière et les points manquants de tous ses chapitres font toujours exactement 100. Le « programme abordé », lui, est une autre mesure : la part des concepts testés au moins une fois.

En mots simples

Une matière, c'est un gâteau de 100 points, partagé entre les chapitres.

Les chapitres qui comptent le plus à l'examen ont une plus grosse part.

Ce que tu sais colore ta part en vert. Ce qui reste, ce sont les points à aller chercher, et Rityvo sait dans quel chapitre ils sont.

Maîtrise estimée : 26,4 % Piaget : 6,9 points manquants Vygotski : 33,3 Wallon : 33,3
Exemple : une matière de psychologie en trois chapitres de même poids. Piaget est bien su (79 %, soit 26,4 points sur ses 33,3), Vygotski et Wallon n'ont jamais été testés. 26,4 + 73,6 = 100.
06

La priorité du jour

Quatre facteurs multipliés. Le plus grand score devient « Ta priorité aujourd'hui ».

En maths

Priorité = Manque × U × B × I5
U
Urgence = 14 / (14 + jours avant l'examen). Elle vaut 1 le jour de l'examen, 0,5 à deux semaines, 0,25 à six semaines, et 0,25 s'il n'y a pas de date.
B
Besoin de révision = 1 − 2−Δ/H, la part de l'ancre déjà effacée. Un concept jamais testé compte pour 0,6. Pour un chapitre, c'est la moyenne sur ses concepts.
I
Importance de la matière, de 1 à 5, donnée par l'élève.

Les raisons affichées sous la priorité sortent directement de ces facteurs : « Examen dans N jours », « Matière importante » (I ≥ 4), « X points à récupérer » (manque ≥ 1), « Ce que tu savais commence à s'effacer » (B ≥ 0,5).

En mots simples

Pour choisir quoi réviser, Rityvo pose quatre questions à chaque chapitre, puis il multiplie les réponses.

Dans ce modèle, un facteur nul annule le score. Par exemple, un chapitre dont le manque est nul reçoit une priorité nulle. C’est une règle de classement, pas une affirmation selon laquelle le réviser serait inutile.

Le chapitre qui a le plus grand score gagne : c'est ta priorité du jour.

Le trouIl manque combien ?Manque
L'horlogeL'examen est proche ?U
La gommeÇa s'efface ?B
L'étoileC'est important ?I / 5
Score du jourle plus grand gagne
Les quatre questions que Rityvo pose à chaque chapitre, chaque jour.

8,2
Deux exemples réels, pour deux chapitres jamais testés. Vygotski (psychologie, examen dans 20 jours, importance 5) : 33,3 × 0,41 × 0,6 × 1 = 8,2. Fonctions (maths, examen dans 44 jours, importance 3) : 50 × 0,24 × 0,6 × 0,6 = 4,3. C'est la psychologie qui passe en premier.
07

Le planning

Aucun intervalle n'est fixé à l'avance : c'est l'oubli qui décide quand revenir.

En maths

Deux durées découlent directement de la courbe d'oubli :

  • « Ça s'efface » (B ≥ 0,5) exactement une demi-vie après le dernier rappel.
  • Un concept reste maîtrisé pendant t = H · log₂(A / 0,8) jours. Après le 4e « Su » de l'exemple, 2,6 jours ; après le 5e, 9,4 jours.

Le planning simule les 14 prochains jours.

  1. Tranches par jour = ⌊ minutes par jour ÷ durée d'une tranche ⌋. Les minutes viennent de tes heures par semaine ÷ 7 (au moins une tranche ; deux si tu n'as rien indiqué).
  2. Chaque jour simulé, les priorités sont recalculées. On garde les chapitres au-dessus de 0,5, on écarte ceux de la veille, on prend les meilleurs.
  3. Pour chaque chapitre retenu, on suppose un rappel correct mais imparfait (P = 0,75) sur ses 6 concepts les plus effacés, dans une copie de travail.
  4. Jour suivant. Le chapitre travaillé redescend, puis remonte tout seul quand l'oubli le rattrape.

En mots simples

Le planning, c'est un jeu où Rityvo imagine les deux semaines à venir.

Chaque soir, il fait comme si tu avais fait tes révisions du jour : il remplit un peu les seaux révisés et bouche un peu leurs trous. Le lendemain, il repose ses quatre questions à tous les chapitres.

Une seule règle en plus : jamais le même chapitre deux jours de suite, dans le planning proposé. C’est un choix de conception pour répartir le travail, pas une preuve qu’une révision le lendemain serait inutile.

C'est comme ça qu'un chapitre revient au bon moment : quand son seau s'est assez vidé pour regagner la partie.

Psychologie · examen à J21 · importance 5 Maths · examen à J45 · importance 3 Retour d'un chapitre déjà su
Exemple de planning fourni avec le modèle, avec 50 minutes par jour en tranches de 25. Piaget était déjà bien su (85 %, demi-vie de 20 jours) : son score de départ, 0,19, reste sous le seuil de 0,5. Il revient à J8, quand l'oubli l'a fait remonter. Au début, le rythme vient surtout de la règle « jamais deux jours de suite » ; les écarts s'allongent à mesure que les ancres montent.

Ce qui est réglé à la main

Ces valeurs sont des choix raisonnés, pas des mesures. Chaque rappel est enregistré avec la maîtrise avant et après, pour pouvoir les recalibrer plus tard sur des données réelles.

Poids de l'ancien niveau dans l'ancre1,6
Poids d'un rappel refait aussitôt0,25
Délai pour qu'un rappel compte en entier1 j
Vitesse de consolidation de la demi-vie0,45
Bonus d'espacement maximal× 3
Demi-vie au premier rappel3 j
Seuil « maîtrisé »80 %
Horizon de l'urgence14 j
Besoin d'un concept jamais testé0,6
Réussite supposée dans le planning0,75
Seuil d'entrée dans le planning0,5

Ce que Rityvo ne prétend pas

Les valeurs par défaut et les seuils sont des choix de conception. Le niveau de confiance est un indicateur interne, pas une probabilité statistique de réussite à l’examen.

  • Connaître un pourcentage d'oubli valable pour tout le monde. La demi-vie est propre à chaque concept et à chaque élève.
  • Qu'une petite partie du cours « vaut » l'essentiel de la note. L'importance d'un chapitre, c'est l'élève qui la déclare.
  • Que le temps passé prouve quelque chose. Il compte comme accomplissement, jamais comme maîtrise.
  • Savoir ce que tu sais. Il l'estime, à partir de ce que tu as su restituer, et donne un indicateur de confiance fondé sur l’historique des rappels.

Sur quoi ça s'appuie

Le rappel actif et l’espacement sont des principes étudiés. La décroissance par demi-vie évoque notamment le modèle de Settles et Meeder ; leurs paramètres sont appris sur des données. Les coefficients présentés ici sont les choix propres à Rityvo : ils ne reproduisent pas ce modèle entraîné et ne sont pas validés par ces publications.

  1. Roediger, H. L. et Karpicke, J. D. (2006). Test-enhanced learning. ↗ Psychological Science.
  2. Yang, C. et al. (2021). Testing (quizzing) boosts classroom learning: a systematic and meta-analytic review. ↗ Psychological Bulletin.
  3. Cepeda, N. J., Pashler, H., Vul, E., Wixted, J. T. et Rohrer, D. (2006). Distributed practice in verbal recall tasks. ↗ Psychological Bulletin.
  4. Dunlosky, J., Rawson, K. A., Marsh, E. J., Nathan, M. J. et Willingham, D. T. (2013). Improving students' learning with effective learning techniques. ↗ Psychological Science in the Public Interest.
  5. Settles, B. et Meeder, B. (2016). A trainable spaced repetition model for language learning. ↗ ACL.

Modèle v2 · documentation de Rityvo · septembre 2026